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Filets

 

Au bord de l'océan,

j'ai tissé un filet de mailles de corail

mais mes pieds enferrés ne peuvent plus bouger.

 

Me voici, prisonnière

d'horizons embrumés

dilution de mon âme sur l'étanche carnet.

 

Est-ce que cependant je trouverai la barque

où rejoindre cette île où dort mon enfant ?

 

L'enfant que je ne fus jamais

Celui que je ne fis jamais

 

Il dort dans un trou de sable noir

non loin de ce volcan

où les cendres font écran

à tout ciel de cobalt.

 

Il dort, cet enfant, que je ne serai jamais

Il dort dans un trou noir

celui de ma mémoire.

 

Il dort, cet enfant, que je n'aurai jamais

Il dort dans l'abreuvoir

où je n'ai pas su boire.

 

Je reste là plantée

sur une plage déserte

les cris d'oiseaux sauvages

de mon âge m'alertent.

 

Il faut bien admettre que le temps est passé

que seuls subsistent quelques instants froissés

où laver ses mirages pour faire son bagage.

 

Il faut aussi admettre le temps fissuré

des rêves de revanche,

des soifs d'allégresse.

 

Il faut encore admettre qu'un sourire est parfois

le signe du départ où l'enfer a livré

son dernier carton noir pour le néant grimé.

  

  

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D
Ah! Gisèle! Ton poème est si poignant! Il fait vibrer l'émotionnelle vie qui tremble en moi!
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D
Voilà un poème, j'utilise rarement ce mot, qui touche au sublime, magie des images et fluidité des phrases, ton inspiration est une source fraîche et chantante. Je retiens particulièrement ces mots :<br /> quelques instants froissés <br /> où laver ses mirages pour faire son bagage.<br />  
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C
Très beau !
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K
!!! Des images magnifiques qui me parlent tellement!
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